Le compoix d'Aubussargues en 1669

 

 

Le compoix de 1669.

Les consuls d’Aubussargues, réunis en assemblée, décident de faire réaliser un nouveau compoix le 22 septembre 1669. Cette matrice cadastrale est établie seulement dans les pays de taille réelle. Les plus anciens compoix du Languedoc remontent au XIVe siècle. Ils énumèrent avec précision la surface, la nature et la valeur des biens-fonds, pour permettre de fixer le prélèvement fiscal dont le produit, la taille, est reversée à l’administration royale.

Les consuls d’Aubussargues sont, en 1669, messieurs  Jacques Dumas et  Pierre Nouet. Assistés d’une quinzaine d’habitants, ils représentent « la plus grande et saine partie de la communauté. » La réalisation du compoix est confiée à M. Aberlenc, habitant de Saint-Privat des Vieux, moyennant la somme de 75 livres. Assisté de MM. Raimond Delacroix et Louis Nouet, experts de la communauté, M Aberlenc procède à l’évaluation des biens selon six critères fiscaux. En effet, six degrés classent les différents biens  dans l’ordre décroissant de leur valeur. Par exemple, une terre de première valeur, contenant une salmée, 63.19 ares, est taxée 4 sols deux deniers. Cette taxe correspond au présage. Les jardins constituent, en général, des biens-fonds de grande valeur. En revanche, une terre de sixième degrés correspond à un présage de 5 deniers. D’autres unités, Maille ou Pougèse,  subdivisent ces mêmes degrés.

 

 Les biens roturiers d’Aubussargues.   

 La communauté bénéficie d’un terroir relativement vaste, 250 hectares, malgré le petit nombre de propriétaires, une centaine. Certains personnages se démarquent, en fonction de l’importance de leurs possessions rurales (roturières). Seuls 11 contribuables dépassent les 5 hectares en non bâti. Il s’agit de messieurs : de Vergèze, Delacroix, Levieux, Jonquet, Mercier, Carrière, Reinaud, Soulier, Delacroix, Brunet et Nouet. Le regroupement de leurs propriétés atteint 146 hectares, soit 41.7 % de la surface globale du terroir d’Aubussargues.

Les biens bâtis : maisons, écuries, « pourceux », étables, cours, jasses représentent 7436.3 mètres carrés. Seuls 10 habitants déclarent des surfaces supérieures à 150 mètres carrés. On retrouve, par ailleurs, à peu prés les mêmes noms : Delacroix, de Vergèze, Lademenès, Levieux, Jonquet, Carrière, Soulier, Delacroix, Nouet. Ils tiennent 46.3 % du bâti roturier d’Aubussargues. Ainsi, à peine 12 % des contribuables possèdent près de 45 % des biens roturiers du village.

 La question des biens nobles.

  Ces biens ne sont pas soumis à la taille. En Languedoc,  la noblesse ne bénéficie pas d’exemption fiscale, si elle ne possède pas de biens privilégiés. C’est le bien qui est noble et non pas la personne. Par conséquent, un roturier, propriétaire de biens nobles, n’est pas soumis à l’impôt foncier. A Aubussargues, le seigneur possède la grande majorité des biens non taxés.

 M de Vergèze, seigneur du lieu

 

1/ Le château, écuries, cours, moulin à huile, jardin.

2/  La Maison noble dite coseigneurie, dans la grand rue, à côté de la maison  des habitants réformés. (1 rue de la Mairie, en face de la mairie actuelle, dont on voit encore la fenêtre de style Renaissance). Cette maison est achetée par la famille Nouet, en 1676.

3/ Un pigeonnier  et une cour.

4/ Un moulin vieux sur la rivière.

5/ Un moulin à blé, sur la rivière, (Las Aubes).Avec étable, four et jardin.

6/ 47 hectares de terres.

Bouys, Lagrasse, Jausserand, Méliquier, Las Agaux, L’Aire l’Hospital, Lauzière, La Combe, la Borgne…

 

M d’Ubaye de Porcellet, seigneur et marquis de Serviers.

 

Au quartier de Leyris, un tènement  de terres, appelé Juston. Terres, bois, herbages d’une superficie de 21 hectares.

 

Louise de Gaude, dame de Garrigues. 

Deux terres couvrant 5.69  hectares.

  Les habitants d’Aubussargues de la religion prétendue réformée.

 

Un maison à la Grande Carrière, avec cour et jardin, donnée par le seigneur Vergèze.

 

A partir de 1676, seul M. Nouet, roturier, possédera un bien noble. La quasi totalité des biens privilégiés appartiennent au groupe seigneurial ou à la noblesse.

 

Le terroir d’Aubussargues est donc fortement dominé par le seigneur, M de Vergèze. Il possède 26 % des biens inscrits sur le compoix de 1669, soit 91 hectares. Seuls quelques chefs de familles se détachent : Delacroix, Levieux, Jonquet, Mercier, Carrière, Reinaud, Nouet, Soulier et Brunet. Néanmoins, ces personnages, même si ils occupent les fonctions consulaires, c’est le cas des Nouet notamment, semblent subordonnés au pouvoir seigneurial.

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